Mercredi 11 mai Séance n°33

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Le blog d’aujourd’hui sera en deux parties. Ecrites à seulement 360 minutes d’intervalle mais appartenant à deux mondes bien différents.

16 h

headwind

On m’avait bien prévenu, mais je ne m’attendais pas à ce que ça arrive aujourd’hui.

Non, pas aujourd’hui, ce jour tant attendu, le jour de la 33ème et dernière séance de traitement.

Mais là, maintenant, assis dans la salle d’attente de la radiothérapie pour la dernière fois, je n’éprouve aucun sentiment de réussite, ni aucun soulagement.

La sensation enivrante de liberté anticipée hier me fait aujourd’hui défaut.

Pour l’instant, j’ai du mal à identifier mes sentiments alors que je suis assis là, étouffé par une chape oppressante de fatigue. Tout ce que je ressens c’est un sentiment de grand vide et de temps précieux gaspillé – à attendre, encore et toujours.

On m’a averti que la sensation de fatigue pouvait être à son comble après la fin du traitement.

On m’a mis en garde contre la dépression post-traitement – il arrive que l’on commence à ressentir une extrême faiblesse plusieurs semaines, voire des mois, après la radiothérapie.

Mais tous ces conseils (« Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal »), vous croyez que ça m’aide pour l’instant ? C’est plutôt le contraire !

Je pense que je vais arrêter d’écrire pour le moment – après tout, je suis toujours sur la route des rayons. Le temps peut changer rapidement.

22h

Victory

Je suis en train d’attendre le bus pour rentrer chez moi.

Six heures plus tard, après un double expresso (un plaisir rare étant donné l’état de mes entrailles), tout plein de commentaires, de sms et de mails fabuleux (merci beaucoup), ainsi qu’une multitude de messages de soutien de la part d’amis de Facebook (sachez que chaque « j’aime » me fait l’effet d’une piqûre revigorante), plus quelques verres de vin et une super conversation autour d’un délicieux dîner (merci Carol et Steve), le monde me semble un endroit beaucoup plus agréable à vivre.

Et c’est la vie d’un survivant du cancer.

Ne paniquez pas si vous vous retrouvez en train de pédaler avec un méchant vent de face et que vos jambes se dérobent. Puisez au fond de vos ressources, demandez qu’on vous aide et attendez que le vent tourne ou que la route fasse un virage.

Quelques mots d’encouragement, un changement de perspective, peuvent faire toute la différence.

D’accord, je suis en liberté conditionnelle mais je suis un homme libre.

Et ça fait un bien fou !

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