Mardi 26 avril Séance n°23 (plus que 10)

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Fart Zone
ATTENTION ! Zone de pets Entrez à vos risques et périls

Quand les amis me demandent comment les choses se passent, je réponds généralement que je pète la forme, merci (!), à part un peu de fatigue et mes entrailles qui gargouillent.

Ce n’est pas tout à fait la vérité.

Pour décrire les choses de façon un peu plus précise, on pourrait dire que je suis en proie à des flatulences assez pharamineuses.

Ou comme on dit dans la langue de chez nous – je pète beaucoup.

Arrêtez de ricaner, vous là-bas derrière, je vous vois !

Pourquoi un simple prout provoque-t-il un tel effet comique, à s’en faire péter les côtes ?

Ah, vous, vous ne trouvez pas ça drôle ? Vous êtes au-dessus de ce genre d’humour vulgaire et infantile, bien sûr ! En êtes-vous vraiment si sûrs que cela ?

La raison pour laquelle les pets donnent lieu à ces évocations, profondément stupides mais extrêmement comiques, est certainement assez édifiante pour tous ceux qui sont cloués au pilori par le cancer de la prostate.

Je crois qu’en fait nous utilisons le comique des pets comme système de défense contre la perte de dignité instantanée qu’ils représentent.

Il n’y a rien de pire que de lâcher un vent de façon soudaine, violente et bruyante pour voir remise en question notre illusion permanente de contrôle sur nous-mêmes et sur notre vie.

C’est en fait une découverte terriblement choquante et embarrassante ; mais quelle que soit notre façon de tourner les choses, nous sommes tous faits de sang et d’os, de fluides et de gaz. N’en déplaise aux pisse-vinaigres !

Et quand il arrive quelque chose d’aussi inconvenant, vous avez le choix d’en rire, ou bien d’en pleurer.

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, personnellement, je préfère en rire.

La vie d’un patient atteint d’un cancer de la prostate (ou même, en fait, de toute personne atteinte d’une maladie grave) englobe une certaine dose d’humiliation : on vous pose des cathéters, on vous administre des lavements, on vous fait déshabiller et des gens que ne vous ne connaissez même pas s’autorisent à mettre le doigt dans votre derrière.

La meilleure arme et la plus sûre face à une telle aggression c’est de rire et d’en faire une plaisanterie.

Je me souviens de la période juste après ma prostatectomie, quand j’avais encore un cathéter relié à ce que l’on qualifie poétiquement de poche de nuit, posée à côté du lit. Comme sortir du lit relevait encore d’une véritable aventure, tous les matins, ma compagne, toujours prévenante, détachait la poche en question et l’emportait dans la salle de bains. C’est devenu une blague à répétition que je lui balançai chaque jour :

« Alors, c’est dans la poche ? »*

Riez et le monde rira avec vous – pleurez et vous pleurerez seul.

FartSmartNew

*NDT: Toutes mes excuses pour avoir clairement sous-traduit l’une des expressions anglaises les plus raffinées mais pour rester dans le ton, je pourrais quand même finir en disant qu’en Angleterre, il pleut comme vache qui pisse !

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