Jeudi 14 avril Séance n°16

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N’est-ce pas merveilleux de voir les jours qui rallongent ? Le printemps est vraiment là et je me réjouis chaque jour davantage de ne pas avoir à faire ce voyage au pays des rayons en fin d’automne ou en hiver.

Je frémis en pensant au cauchemar que cela pourrait être de sortir de l’hôpital chaque soir – je préfère avoir mes séances en fin de journée – pour me retrouver dans le froid et l’obscurité.

Pour me rendre à l’hôpital, je peux emprunter deux trajets différents. L’un direct en bus et l’autre en métro, suivi d’une marche de 15 minutes. Je ne suis habituellement pas un usager quotidien des transports – je mène, par choix, une existence quelque peu nomade.

J’ai donc vraiment apprécié de pouvoir défiler chaque jour le long des mêmes rues, à pied ou en bus, et d’assister à l’avancée balbutiante du printemps.

J’ai toujours eu un penchant pour cette saison, avec son atmosphère de renouveau et de croissance régénérée. Pour moi, c’est une source d’énergie pure. Mais cette année, pour des raisons assez évidentes, cela me touche au plus profond de moi-même.

Je regarde par la fenêtre du bus pour voir l’évolution d’un cerisier, devenu maintenant familier, ou les progrès de mon marronnier préféré. Et quand je suis à pied, j’admire les nuances changeantes de mon magnolia favori et les effets de lumière, au caprice des nuages se relayant pour tenter de masquer le soleil.

Et les gens – ah, les gens !

C’est une impression plus qu’une certitude, mais peut-être avez-vous aussi remarqué comme, dès que le printemps est de retour, nos yeux de détachent du trottoir et nous commençons à regarder de nouveau autour de nous.

Pas plus tard qu’aujourd’hui, je contemplais la rue depuis l’étage supérieur du bus quand nous nous sommes arrêtés à un feu rouge. Un jeune couple se préparait à partir chacun de son côté. Elle était sur le point de monter sur sa bicyclette et de se mettre en route, et lui, hissait un sac croulant sous le poids des livres sur ses épaules. Leur joyeuse gaieté laissait penser qu’ils ne resteraient pas séparés très longtemps mais ils avaient quand même du mal à se quitter. Leurs regards souriants, l’étreinte de leurs mains et leurs tendres baisers semblaient tout faire pour retarder le moment fatidique.

Et puis les feux ont changé et le bus hybride diesel-électrique a vrombi sur quelques centaines de mètres, jusqu’au prochain feu rouge.

Et là, de nouveau un jeune couple, tirant chacun une valise à roulettes. Ils se dirigeaient probablement vers la station de la ligne principale que nous venions de passer. Ils se sont arrêtés un instant – saisis par une vague de bonheur. L’homme a levé les yeux vers son compagnon et l’a embrassé avec passion et tendresse. Les yeux marron de son partenaire se sont mis à briller de joie.

Le feu est alors passé au vert et nous sommes repartis.

J’adore Londres au printemps.

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Une réflexion sur “Au printemps

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