Mercredi 13 avril Séance n°15

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Si le service de radiothérapie délivrait une carte de fidélité, je pense qu’à présent j’aurais probablement assez de points pour avoir droit à une séance gratuite.

Je crois qu’après toutes ces sessions, je connais maintenant chaque radiologue. Ils me reconnaissent et je les reconnais. Nous bavardons un peu. Cela permet d’arrondir un tantinet les angles.

Cela m’a surpris au début, mais quand la santé défaille un peu, ce sont les petites choses qui prennent de l’importance.

Comme le moment où chaque jour je saute sur la table de traitement, en petite tenue. Je dois ensuite baisser un peu mon caleçon pour que mes tatouages soient faciles à repérer lors du processus de positionnement par guidage laser.

En réalité, il n’y a rien à voir, sauf un tertre de poils pubiens (toujours là pour l’instant).

Mais ils n’oublient jamais de vous fournir un petit carré de serviette en papier bleu – couleur réglementaire – pour cacher vos frisettes.

C’est simple, mais attentionné. On pense à vous et on essaie de rendre ce galimatias radioactif un peu plus agréable. On peut dire que cela aide, réellement.

Cela m’a donc un peu attristé de constater, lors de ma dernière consultation avec un médecin (en l’occurrence, le Dr Erection), qu’on avait jeté aux oubliettes une petite part de prévenance.

Sous l’ancien système, le médecin serait venu dans la salle d’attente, il aurait appelé votre nom, se serait présenté en vous serrant la main et vous aurait accompagné jusqu’à la salle de consultation, tout en bavardant. Il ou elle vous aurait alors invité à entrer en premier dans la pièce. La consultation aurait alors commencé, le patient et le médecin étant sur un pied d’égalité, la discussion portant sur votre cas. C’était prévenant, rassurant.

Maintenant, ils ont un nouveau système. La réceptionniste appelle votre nom et vous indique le numéro de la salle où vous devez aller. Vous errez dans les couloirs jusqu’à ce que vous repériez le fameux numéro et vous frappez à la porte. Le médecin vous dit alors « entrez » et vous pénétrez dans son domaine. La dynamique est totalement différente. Vous sentez que vous êtes là pour suivre des instructions. Personne n’a cure de votre avis en tant que patient. Cela manque totalement de prévenance et c’est déstabilisant.

Je suppose qu’on a changé le système parce cela permet ainsi d’optimiser le temps précieux des médecins quand ils ont une longue liste de patients à traiter. Si tel est le cas, c’est particulièrement malavisé et contre-productif.

Un étudiant en médecine m’a confié que désormais, on leur enseigne que les 60 premières secondes d’une consultation sont cruciales – c’est pendant cette minute en or que l’on peut gagner ou perdre la confiance d’un patient.

Rien n’est plus vrai !

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Une réflexion sur “Réflexion sur la prévenance

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